La France est bien sûr concernée par ce phénomène. Dans notre pays cela représente 14% des personnes interrogées soit environ 6,9 millions d’individus. Mais les mauvais élèves de l'Europe sont surtout l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne qui sont les pays ayant le plus recours aux achats de médicaments effecutés en dehors des circuits autorisés.

Et dans une grande majorité des cas ce "trafic" s'organise via le net. Gain de temps, commodité, soucis d'économie et possibilité d'obtenir un médicament sans ordonnance sont quelques uns des arguments avancés par les acheteurs.

Pourtant et c'est peut-être là le plus grave la plupart des médicaments achetés sur internet sont contrefaits (entre 50 et 90 % des médicaments vendus en ligne sont des contrefaçons). Ils ne sont ni autorisés ni même contrôlés ! Parfois ils peuvent contenir des ingrédients nocifs, comme de la mort-aux-rats, de l’acide borique et de la peinture à base de plomb. Ils sont généralement fabriqués par des personnes non qualifiées et peuvent contenir une dose trop faible ou trop forte de l’ingrédient actif. Ils peuvent ainsi entraîner des échecs thérapeutiques, voire la mort, pour les patients qui les consomment.

Pour le Docteur David Gillen, Directeur médical de Pfizer Primary Care Europe, « Des habitants de tous les pays européens se mettent en danger et contribuent sans le savoir à l’essor de cette économie criminelle en achetant des médicaments en dehors des systèmes légaux de santé. » .

Visiblement les personnes interrogées ne sont pas conscientes du danger. Ainsi 35 % des Français interrogées disent ne pas connaître ss les risques qu’ils courent en achetant un médicament délivré uniquement sur ordonnance sans avoir eu de prescription médicale au préalable.

Pour lutter contre ce phénomène qui ne cesse de prendre de l'ampleur, pour démasquer et faire juger les contrefacteurs, le Docteur David Gillen préconise une meilleure information du public « il est urgent d’informer le public. Les gens ignorent les dangers réels des médicaments contrefaits ; ils n’ont pas non plus conscience qu’ils encouragent, par leurs achats, un marché criminel illégal et dangereux » mais aussi un renforcement de la collaboration entres les professionnels du secteur, les autorités de santé, douanières, la police, la justice.

Et en guise de conclusion le message de Jim Thompson, Président de l’European Alliance for Access to Safe Medicines (Alliance européenne pour l’accès à des médicaments sûrs) dont le message est parfaitement clair « Si vous voulez être et rester en bonne santé, adressez-vous à un professionnel de santé et n’achetez pas de médicaments de prescription s’ils ne vous ont pas été prescrits. Si des médicaments vous ont été prescrits , ne les achetez pas en dehors des circuits autorisés.»